Mario Labbé, Philip Glass, Panagiotis Karousos
En mars 2000, le cœur culturel foisonnant de Montréal est devenu le théâtre d'une convergence musicale historique. Panagiotis Karousos, célèbre compositeur gréco-canadien, s'est entretenu face à face avec Philip Glass, le légendaire maître américain de la musique minimaliste.
À cette époque, en plus de sa carrière de compositeur, Karousos mettait sa plume au service du journal montréalais Taχυδρόμος (Tachydromos) en tant que critique d'art. C'est dans ce cadre qu'il a couvert l'intégralité du festival et signé un article exclusif, enrichi par des entretiens directs avec Philip Glass et l'imprésario Mario Labbé.
Cette rencontre s'est déroulée lors du festival tant attendu « L'Événement Glass », une célébration de trois jours organisée par le célèbre producteur François Mario Labbé, fondateur d'Analekta — la plus grande et la plus réputée des maisons de disques indépendantes au Canada.
Un échange transculturel : De Skalkottas au minimalisme
Au-delà de sa mission de journaliste, Karousos a partagé avec Glass une véritable connexion artistique. Lors de leurs échanges à la table de conférence de presse, Glass s'est montré profondément intrigué par le parcours de Karousos et par ses origines grecques. Curieux d'explorer les structures mélodiques traditionnelles de la Méditerranée, Glass a explicitement demandé à Karousos de lui recommander des partitions. Karousos l'a alors orienté vers les célèbres Danses grecques de Nikos Skalkottas, jetant un pont unique entre la musique moderne hellénique et l'avant-garde américaine.
En retour, Karousos a bénéficié des précieux conseils techniques du compositeur américain. En couvrant les représentations pour son journal depuis les premiers rangs, il a étudié de près l'utilisation des structures répétitives et la gestion des dynamiques instrumentales propres à Glass.
La naissance de « Liberté » et une ovation debout
Ce mentorat direct a profondément marqué l'évolution stylistique de Karousos. Inspiré par les harmonies hypnotiques du Philip Glass Ensemble, il a appris à intégrer des textures minimalistes au sein de formes classiques massives, une influence qui a défini l'orchestration de sa Symphonie nº 1 « Liberté ».
Initialement présentée sous forme de poème symphonique intitulé « Esprit de Liberté », l'œuvre a connu sa première historique dans l'acoustique grandiose de l'Église Saint-Jean-Baptiste, interprétée par l'Orchestre Symphonique des Jeunes Laval-Laurentides sous la direction du Maestro André Gauthier.
Donné en présence de l'ancien Premier ministre canadien Pierre Elliott Trudeau en tant qu'invité d'honneur, le concert a été salué par d'excellentes critiques et a reçu une ovation debout mémorable.
Suivant une suggestion précise formulée par Philip Glass lors de leurs entretiens, Karousos a choisi d'élargir la dimension sonore de sa symphonie en y intégrant un chœur complet.
Le 25 mars 2002, cette version vocale enrichie de la symphonie Liberté a fait des débuts triomphaux sur la scène du prestigieux Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts. Pour l'occasion, l'orchestre de Laval-Laurentides était accompagné par le Chœur Chanterelle du Collège Laval, sous la direction du chef de chœur Frédéric Vogel, concrétisant magnifiquement l'ambition chorale inspirée par Glass.
Un voyage de trois jours au cœur du son minimaliste
Dans sa chronique pour le journal, Karousos a mis en avant la fusion exceptionnelle entre la musique répétitive et le cinéma de répertoire qui caractérisait l'événement d'Analekta à la Place des Arts. Le festival proposait trois projections majeures avec les partitions jouées en direct par Glass lui-même aux claviers :
- Jour 1 : Koyaanisqatsi, la fresque visuelle monumentale de Godfrey Reggio (produite par Francis Ford Coppola).
- Jour 2 : Powaqqatsi, voyage rythmique planétaire (produit par Coppola et George Lucas).
- Jour 3 : La première mondiale d'Anima Mundi, court-métrage célébrant le souffle de la nature.
L'article historique publié par Karousos dans le Taχυδρόμος reste le précieux témoignage d'une époque où Montréal s'affirmait comme le carrefour des innovations classiques mondiales, immortalisant le moment précis où le lyrisme grec a rencontré la rigueur mathématique du minimalisme américain.
+---------------------------------------------------------------------------------+ | EN UN COUP D'ŒIL | +----------------------+----------------------------------------------------------+ | Date du festival | Mars 2000 | | Date de l'article | 24 février 2000 (Taχυδρόμος, Page 10) | | Auteur de la critique| Panagiotis Karousos | | Figures clés | Panagiotis Karousos, Philip Glass, François Mario Labbé | | Lieu | Place des Arts, Montréal, Canada | +----------------------+----------------------------------------------------------+




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